Nénette est née à la fin des années 60 sur l'île de Bornéo. A 47 ans passés, elle est l'un des plus vieux orang-outans connus au monde et la vedette incontestée de la Ménagerie du Jardin des Plantes.


Nénette arrive à la Ménagerie en 1972 avec son compagnon Toto. Pendant leur période d'acclimatation, Nénette et Toto sont approchés tous les jours et des liens profonds ne tardent pas à se tisser entre eux et l'équipe soignante. Nénette aura deux premiers fils avec Toto : Doudou et Mawa qu'elle élèvera jusqu'à leur départ, dans un centre de primatologie japonais pour le premier, et au parc Zoologique d’Amsterdam pour le deuxième.

A la mort de Toto, c'est Papou, un orang-outan handicapé qui tient compagnie à Nénette. En 1987, elle est rejointe par Solok, venu du zoo de Leipzig, dont elle aura deux autres fils, Tubo et Dayu. Solok est un grand mâle de 110 kg aux mains énormes et à la face développée de dominant. Il s’avère un excellent père pour ses fils avec qui il joue sans cesse. Pendant que Solok s'occupe des petits, Nénette s'adonne à sa passion pour le bricolage. On peut la voir passer des heures entières à démonter les boulons de son enclos avec des outils de fortune qu’elle fabrique à partir des objets laissés par les soigneurs. Nénette adore feuilleter les magazines qu'on lui prête pour s'occuper. Elle aime aussi prendre la pause, juchée sur un plot ou installée en haut de sa plate-forme, devant un parterre de spectateurs médusés par ses petits yeux doux et malicieux.

L'arrivée de Lingga, sa petite dernière en 2005, complète la famille. En 2009, l'année du 40ème anniversaire de Nénette, Nicolas Philibert consacre un documentaire à la vedette de la Ménagerie. Elle rejoint alors Koko, la célèbre gorille immortalisée par Barbet Schroeder, dans le panthéon des singes stars du cinéma. Nénette coule aujourd'hui des jours paisibles à la Ménagerie avec ses nouveaux compagnons, Théodora et Tamu. Elle est l'une des dernières orangs-outans vivant dans un zoo à être née dans la nature. La reproduction des anthropoïdes est désormais assurée au travers de programmes d'élevages et d’échanges entre les parcs zoologiques, destinés à préserver la variabilité génétique des espèces menacées.